lettre à l’alibienne inconito…

 

 

J'ai voyagé hier avec la libyenne héroïque

aussi étonnante qu'une libanaise poétique

Elle s'inscrit dans le mouvement de la vie

Comme un soleil qui chaque matin fleurit

Avec des hésitations et des rebondissements

Mais jamais de fuite ou de vrais faux semblant

Elle ne semble jamais aboutir, n'être qu'en route

Comme ignorante de l'adresse de ses destinations

Elle avance sans fuire les questions et les doutes

Tombe parfois et se cogne toujours aux opinions

Sans reculer et sans arrêter de pulser, d'impulser

Entraînant les autres par un grand éclat de vivre

Comme une goutte qui tombe sans pouvoir s'arrêter

Comme que vie qui s'écoule pour ne pas s'évaporer

Elle jaillit, éclabousse et ravit… La libyenne héroïque

Affirme son questionnement avec autant de puissance

Pendant que d'autre freinent à mort et crissent en silence

Elle dévore la vie, coeur de fée dans un paysage magique

 

J'ai voyagé hier avec la Libyenne héroïque

Nous ne sommes arrivée nulle part

Mais nous avons vécu.

 

.




Lettre aux regrets


Je ne regrette rien, absolument rien

Et pourtant dans ma vie, il y en a eu des trucs tordus

Des épreuves et pire, des échecs. Des choses que je n'ai pas eues

Des moments où je n'ai pas pu, des gens que je n'ai pas su…

Et d'autres qui ont trop…Et moi…tellement moi !

Et pourtant, je ne regrette rien,

Absolument rien

J'ai vécu aussi des choses extraordinaires. J'ai appris à marcher, deux fois. A écrire puis à jouir de le faire. J'ai appris à aimer les êtres et puis à me pardonner parfois. J'ai découvert que mon inculture n'était que le début de ma connaissance. Que j'étais comme tous le monde, unique. Que ma solitude était inversement proportionnelle à la confiance que j'étais capable de faire aux autres. J'ai découvert que personne n'avait le droit de me juger, et surtout pas ceux qui se permettaient de le faire. J'ai accepté de n'être pas celle que je voulais. Je me suis reconnue être celle que je suis. J'ai tout donné sans vouloir recevoir et puis j'ai même appris à recevoir. Je suis devenue mère, trois fois, et j'ai assumé mes choix.

Chaque fois que j'ai du affronter une épreuve, j'ai tenté de le faire de mon mieux, sans la fuir, sans la mettre sur le dos de quelqu'un d'autre. Une fois, j'ai eu trop peur pour avoué une de mes bêtises, je ne me suis pas dénoncé, j'avais 8 ans, je le regrette encore,… mais bon y'a prescription. Depuis j'assume, parfois je me trompe, parfois je peux rectifier, souvent non. Je fais de mon mieux avec mes moyens, avec les éléments que j'ai au moment de prendre mes décisions, avec mon moral, ma confiance et ma fatigue du moment, avec mes limites, comme tous le monde… Une fois un choix, fait je suis capable de changer d'avis, de tout faire pour corriger, mais je ne regrette jamais d'avoir fais ce choix car au moment où je l'ai fais je l'ai cru bon. Je réfléchis, j'essaye de tirer des leçons, de ne pas faire toujours les même erreurs d'avoir les bons réflexes… J'ai appris à faire plus confiance, à laisser plus mon cœur prendre des risques, je suis moins seule depuis que j'ose partager plus…Je suis souvent bien moins bonne que ce que je voudrais… Mais je reste au moins humble et sensible aux difficultés des autres, à leur place, avec les éléments qu'ils avaient je n'aurais pas fait mieux qu'eux… Je ne suis pas meilleure, je ne suis pas plus mauvaise que n'importe quel être humain, je suis juste moi, ni un monstre ni une déesse…Moi que j'assume et que je soutiens comme étant ma meilleure amie.

Ce que je suis aujourd'hui à presque 50 ans

C'est la résultante de tout ce que j'ai traversée

si tu changeais rien qu'une chose de mon passé

si je recommençais ma vie pour la réussir mieux

je ne serais plus moi et cette inconnue j'en veux pas

ce n'est pas que je m'aime à la folie, ni que je sois fière

c'est juste que j'ai mis tellement de temps à m'apprivoiser

à me comprendre, à me supporter et même me pardonner

que je n'ai vraiment pas le courage de recommencer

ni envie d'être une autre, qui aurait un autre passé

Je ne veux rien changer ne pas remettre en cause

Toutes les choses belles de ma vie, mes enfants

mes amours et mes réussites professionnelles

Je ne veux rien de différent de ce que je vis

Pas même cette sale maladie qui elle aussi

M'apprend me transforme me provoque

Et jour après jour m'apprends à devenir

Ce que je suis, mais en un peu mieux…

Je ne regrette rien

Absolument rien

Je suis vivante

Et j'aime ça

Demain

Vivre c'est

Le faire mieux

Je ne regrette rien

Absolument rien

 

à toi Laurence…

Lettre à la Nivolette

Elle est là, étalée et grasse, placide,  immobile.

Son sourire niais ne la frétille même pas.

Elle n'en fini pas de se répandre

d'éboulis en jachères exubérantes

Impossible de ne pas la voir

surplombant de sa masse

le reste du paysage.


Supérieur et fière, elle expose son grand cigare

et le fume, méprisante dans son halo de brouillard.

Il l'entoure comme une auréole diabolique

comme un rire mesquin qui raisonne

et qu'on ne peut fuir.


Ces collines inhabitées débordent, impudiques, de son chemisier.

Ces fanfreluches vertes guettent quelques grimpeurs égarés…

comment peut-elle s'y croire ? comment peuvent-ils y croire ?

Grand mère rassurante pour certain peut-être,

Vieille sans surprise pour d'autres

Elle trône et me toise chaque matin

de son insolente corpulence

prétencieuse hautesse

Je ne la salue plus


Elle sourit

Je sors

Adieu

Mamie

Lettre en dessous

 Pareille…

être comme,

paraître

être à part,

je sais faire comme si

je peux paraître pareille

pourtant en dedans

je fuis,

je griffes rétractées

je tiens debout

j'en vois pas l'bout

je suis étroite

glissant dans le couloir

de la norme alitée

je suis serrée

à la gorge.


Je viens

absente

je crains

tout et partout

panique à bord

j'aborde pas l'idée

pour ne pas chavirer

pour ne pas effrayer

les inconscients

qui restent comme moi

souriants

apparemment.


Je suis pareille

partie en rêves nus

et en déconvenues.

Eteinte, frigorifiée

je n'y crois plus

je fais semblant

sans savoir pourquoi

sans vouloir savoir.


Les autres passent

sans me voir

tant mieux…

Il ne faut pas

qu'ils sachent

faut avancer

le groupe doit vivre

les plus faibles suivent

certains s'arrêtent

de temps en temps

c'est important

les prédateurs mangent

la poussière nourris la terre

la vie s'humus

et le groupe avance

continue la danse.


Je suis dépassée

sans plus d'envie

sauf celle de fuir

et de hurler

minuscule

inconsistante

inconséquente

je tourne à vide

et m'y engouffre

sombre plainte

d'une moi sourde

gourde.


Je suis seule

pareille à tous

ni mieux ni moins

juste animal

blessée

immobile

en hibernation

en hyper figée

perdue…

escargot limacifié

lombric

avec un stylo !




Lettre aux mots


sang rire…

les maux à dire

les mots à taire

interdire

intervenir

dire les maux

mots à mots

maudire

moins dire

mots à dire

maux à te taire

manque d'air

terre de mots

déterrer les maux

maux à terre

dire ou taire

mot sur maux

émotion

faire scission

entre mot et maux

pour mieux le dire

et savoir le taire

terrasser les maux

laisser les mots

parler de moi

émoi,

et vous…?

jet de maux

j'ai un mot

à te dire…

un seul ?

non…

pleins

envahie

en aimant

écartelée

éclaboussée

introsuspectée

des mots niackent

et giclent cyniques

d'autres s'esclaffent

tous m'entempêtent

avides de vie pleine

seule je m'y engouffre

grand écart !

 

jet de mots

sans sourire

maux de sang

rire en dedans

des sens déçus

essence dessous

parti pris d'en taire

seul l'écart rit !

rage dedans !

 

Lettre au Granier

 

 

Tu es le géant sur lequel mes yeux s'éveillent

Et moi le minuscule papillon qui vient te visiter

Avec ces ombres qui ruissellent sur tes rides

Au lever du soleil comme au couchant

Tu m'offres un profil toujours différent

Parfaitement égal à toi-même pourtant

Tu m'apaises par ta sérénité grave

Tes moustaches dans le vent

Ton front labouré par les rencontres

Et tes yeux qui rient tout le temps

 

Je te contemple de tout en bas

Mystère de vie, de mousse et de lierres

Que personne ne comprend vraiment

Mais toi, là haut, tu t'en fiches éperdument

 

Je n'ai pas peur à l'heure du sommeil

Car je sais que toi tu restes éveillé

Veillant à l'ivresse de mes sources

Vieil oreiller de coton enrubanné

Te zébrant d'orage si je suis contrariée

 

Tu es loin, dans d'autres horizons

Dont j'ignore l'étendue et le sens

Tu es si proche de ce en quoi je crois

Tu es comme moi quand je ne suis pas

Silencieux et pourtant tu me parles

Je te parle mais qu'en entends tu ?

 

J'ai envie de t'escalader

Pour m'approcher d'un sommet

que je devine

Que j'imagine,

qui se dessine…

Tes voies ne sont pas des grimages

Juste des facettes d'un même toit

 

Tu n'es ni  mâle ni femelle

Mais quand je parle de toi je dis « il »

parce que je me sens être « elle »

Petite fille j'aimais l'opéra,

Enfin, le chant des hommes

parce qu'ils parlent profond

Les coeurs de femme m'effrayent

Elles me lacèrent la sensibilité

Avec leurs trop puissants aigus vibrants.

Les voix d'hommes creusent

Un tunnel vers la lumière

Les voix de femmes sont la lumière

Tu es le chemin qui parcourt

Et non la mort qui est au bout.

 

Tu n'as pas d'âge, tu n'en as plus,

Les villages que tu as connus ont disparus

Les coteaux que je dévale sont vivants

Tout à changé, vécu même… sauf toi

Toi tu es là au cœur de ce mouvement

Au centre de l'éboulement du sens

Insensible à la folie des hommes

 

Tu es là, stoïque, un rien ironique

Caressant le ciel de ton crâne chauve

Tu me regardes confiant

Alors j'ose sourire

Et puis te dire

Je t'aime

Grand père

 

 

 

 

lettre à mon non-enfant

 

 

Toi qui n'est pas mon enfant

Toi qui ne grandira pas, jamais

Toi qui ne partiras pas pour t'épanouir

Toi qui n'a pas besoin de t'enfuir pour être libre

 

Toi qui as déjà choisit et réfléchit ta voie

Toi qui sait déjà ce que liberté veut dire

Toi qui l'a déjà mesuré et perdue et conquise

Toi qui as décidé d'assumer tes choix

 

Toi qui ne sait pas pourquoi tu vis

Mais qui ne cherches plus à le savoir

Toi qui vis simplement au grand jour

Car tu n'as plus rien à te prouver

 

Toi qui n'a d'enfant que le rire et le cœur

Toi qui ne deviendra jamais adulte

Toi l'éternel adolescent rebelle et fier

Toi dont les rides signent la sagesse

 

Toi qui sait prendre mon sein sans lait

Toi qui touche ma peau pour la partager

Toi qui n'utilise pas mon corps avidement

Toi qui m'offres le tien sans me l'imposer

 

Tu ne sais pas prendre soin de toi

Tu ne sais pas écouter pas ton corps

Tu crispes tes forces pour tenir à tout vent

Tu ne sais pas dire «s'il vous plais aidez moi»

 

Toi qui semble pouvoir tout supporter

Toi qui sait affecter de ne l'être jamais

Toi qui détestes l'injustice contre les autres

Tu l'assumes sur toi plutôt que risquer blesser

 

Tu ne sais pas dire «non» ou «j'ai peur»

Tu as appris à ne plus dire « j'ai mal »

Tu ne sais pas dire «à faim, j'ai froid»

C'est ton tour de recevoir maintenant

 

Toi l'hypersensible jovial et discret

Tu oublies si souvent que tu as des besoins

Tout au service des autres, attentionné

Tu avais oublié que c'est bon d'être aimé

 

Tu reçois mes caresses avec étonnement

Tu goûtes ma tendresse et au centuple la rend

Tu m'offres de partager ton quotidien

Tu oses penser ton envie de vivre avec moi

 

Toi qui sait donner même sans recevoir

Toi qui sait écouter réfléchir et décider

Toi qui comprends le délice du partage

Toi qui sait voir au-delà des apparences

 

Tu t'interroges sur ton envie de maternage

Tu oses penser risquer de t'y blottir enfin

Tu crains que je ne sache plus l'homme

Ou même de te perdre dans mes bras ouverts

 

Je ne suis pas ta maman et tu n'es pas mon fils

Tu sais combien mon cœur t'est largement offert

Tu sais que c'est l'homme en toi qui m'a conquise

Que je te respecte, désire ton bonheur et ton plaisir

 

Tu me troubles terriblement et m'enivres

Je t'aime bien plus fort que je ne peux le dire

Oui, c'est vrai, en toi l'homme je peux voir l'enfant

Mais c'est toi tout entier que j'aime tendrement

 

 

 

 

 

 




Lettre à Janette

 

Je tutoie parfois,
Je vous vois souvent
Le loup voit entre vous et toi
Suivant le vent j’avoue…

Il y a le tu qui mène la danse
Et celui qui tait la distance
Le tu qui toise vers l’inférieur
Et celui qui me parle à l’intérieur
Il y a le tu qui invite en copain
Et celui qui se crache soudain
sur l’autre qui n’est pas moi
et qui naquit sous un autre toit

Il y a le vous d’admiration
Et celui de différenciation
Il y a le vous qui te rejette
Et celui qui vous respecte
Il y a le «je vous apprendrais»
Et le « Vous, je vous connais » !
Le « vous ne me tutoyer pas » ?
Euh, oui, non, je ne sais pas

Je vous tutoie parfois
J’hésite vois-tu tout le temps
Mais pour toi, entre tu et vous, émoi
Le respect sourit, resplendissant

Lettre du jour

 

 

Elever ma fille

c'est un sacré boulot…

et un boulot sacré !

 

.

Lettre d’excuses

Pardon, je ne suis pas loin

Enfin je crois

où je rapetisse

où je retapisse

où je repatis

va-t-on savoir ?

je ne sais pas vraiment où

j'habite en ce moment

patience, je reviens…

euh bientot

je crois que je suis en panne

panne de mots

faute à qui

maux d'âne

et peau d'âme

à vendre

cher

très cher

lourdeur

trop longues minutes

temps pire

tant mieux

ça dépend des jours

ça dépeint mon tour

ça déteint toujours

et pi ça m'détend !

 

 

 

 




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Merci à vos yeux...

Merci à vous qui êtes passé par là ... Je n'aurais pas imaginé un jour j'en serais aussi contente ! Je suis ravie de partager mon besoin de parler avec vous, Mon plaisir grandit si vous y puisez quelque chose... quelque chose pour vous... même si ce n'est pas vraiment moi non, pas tout à fait de moi que vous le prenez, puisque entre vous et moi il y a notre émoi Merci à vous tous

me répondre...

Parfois ce fichu blog débloque, il refuse qu'on lui parle, il est caractériel... on me dis j'ai pas pu poster... et j'ai aucune explication qui me permette de comprendre pourquoi... alors voilà pour contourner les blocages parano de Môssieurs blog vous pouvez me contacter par mail... na ! Si vous n'arriver pas à poster un commentaire vous pouvez me l'envoyer par mail à l'adresse suivante : lantinaze@free.fr Merci à vous et que vos nuits soient douces

Ludmilla

lettresetlenez

pour les unblog.fr me joindre ici

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